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Liste des articles de 2015

30/01/2015 -> Liberté de conscience et respect de la laïcité"

                        par Jean-Paul Scot, historien et auteur

 

Liste des articles de 2014

06/05/2014 ->"Le Dieu de la Bible, le personnage de fiction le plus déplaisant"

                         par Richard Dawkins

 

20/05/2014 ->"La Laicité"

                        par Véronique de Keyser

 

Liste des articles de 2013

01/06/2013 -> "Le dangereux relativisme culturel d’une partie de la gauche"

                         par Jean-Philippe Schreiber

 

15/10/2013 -> "La soumission au religieux est un désastre"

                         par Élisabeth Badinter

 

 

 

Liste des articles de 2012

09/01/2012 -> "Empêchons l'irréparable"

                         par Pierre GALAND, Président du C.A.L.

 

09/02/2012 -> "Excusez-nous, Madame Fourest"

                         Marc UYTTENDAELE, Chroniqueur


 

Liste des articles de 2011

18/05/2011 -> Pétition Territoires de la Mémoire :
                      Amnistier n’est pas réconcilier, mais oublier !

 

15/05/2011 -> "De Clerck aberrant et scandaleux, digne du VB"

 

09/03/2011 -> La debaptisation, formulaire, adresses,...

 


 

Liste des articles de 2010

14/10/2010 -> Religion et éthique

 

13/10/2010 -> DEFENDRE NOTRE LIBERTE D’EXPRESSION

 

22/09/2010 -> Cours accéléré de laïcité à l’usage

                       de l’Eglise catholique - R!A!P!P!E!L!

 

04/05/2010 -> Deux nouvelles publications dans la collection

                       "Libres Ecrits" des Territoires de la Mémoire

 

13/03/2010 -> Je déclare que le voile est le symbole d’un projet

                       politique totalitaire - Fatoumata Sidibé

 

13/03/2010 -> Pierre Galand réélu président du C.A.L.

 

12/03/2010 -> Chronique d’un jugement annoncé

 


 

30_01_2015

Liberté de conscience et respect de la laïcité

 

 

Charb, Cabu, Wolinski et Charlie Hebdo ont-ils été châtiés pour avoir blasphémé ? Non ! Ils ont été assassinés pour avoir défendu, par l’humour mais jusqu’au sacrifice, la liberté de conscience, de pensée et d’expression critiques contre tous les obscurantismes, tous les fanatismes, tous les intégrismes religieux et politiques. Ils n’ont pas été massacrés par des musulmans, fussent-ils radicaux, mais par des terroristes barbares et fascisants.


En France, le dernier supplicié pour blasphème fut en 1766 le jeune chevalier de La Barre car ce délit n’existe plus depuis la Révolution. L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 stipule : « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public. » Le délit de blasphème, comme celui de régicide, fut rétabli par la monarchie, restaurée en 1815, mais abrogé dans les années 1830. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse le supprime définitivement, même si « la provocation aux crimes et aux délits » et « l’incitation à la haine et à la violence » restent susceptibles de poursuites et de sanctions. Ce qui peut être sanctionné par la loi, c’est l’injure ou la diffamation de personnes ou de groupes de personnes.
Le blasphème a été défini par l’Église catholique comme « tout propos ou acte irrespectueux contre Dieu » et comme « une défaillance dans l’expression de la foi ». La notion de blasphème n’a donc de sens que du point de vue des religions. Ce sont elles qui déterminent en effet ce qui est injurieux ou diffamatoire envers elles-mêmes. Ce sont elles qui interdisent le blasphème car elles prétendent avoir le monopole de la vérité et du sacré. Ce sont elles qui diabolisent ce que les croyants d’autres religions ou les incroyants considèrent comme de simples moqueries irrévérencieuses ou des critiques intellectuelles. Ce sont elles qui font appel au pouvoir politique des États pour punir les apostats et les blasphémateurs. Et les États conservateurs et autoritaires font de l’apostasie et du blasphème des délits, voire même des crimes, parce que ces pratiques remettent en cause l’ordre politique et social. En République laïque et démocratique, le blasphème n’existe pas.


En effet, le droit de blasphémer a été conquis comme un corollaire de la liberté de conscience et de pensée. Pierre Bayle, ce philosophe protestant mort en exil en 1706, affirma le premier que « le blasphème n’est scandaleux qu’aux yeux de celui qui vénère la réalité blasphémée ». Le blasphème n’a en effet de sens que pour ceux qui partagent les mêmes croyances religieuses. Venant des non-croyants, des propos blasphématoires ne sauraient atteindre des croyants dans leur foi ; ils les mettent seulement à l’épreuve. Punir les blasphèmes et réduire les hérésies n’aboutit qu’à mettre les croyants en contradiction avec leurs religions de vérité et d’amour.


Voilà pourquoi les philosophes des Lumières ont dénié aux religions le droit d’imposer leurs dogmes à toute la société, aux croyants d’imposer leurs croyances aux agnostiques et aux athées. Les normes politiques et civiles doivent être déliées, séparées, indépendantes des normes religieuses. La justice publique n’a pas à faire respecter les dogmes religieux. La liberté de blasphémer est un droit découlant de la liberté de pensée et d’expression. La liberté de pensée est absolue ou elle n’est pas. En proclamant la liberté de conscience et l’égalité des droits entre tous les hommes, l’Assemblée constituante a jeté les bases non de la tolérance mais de la laïcité, que la loi de séparation des Églises et de l’État a consacrée en 1905.


Certains prétendent aujourd’hui qu’il faudrait limiter la critique des religions au nom du respect qui leur serait dû en raison des fonctions qu’elles assurent dans la société et qui peuvent favoriser l’intégration et maintenir la paix civile. En 1991, Mgr Lustiger demandait la pénalisation de publications antireligieuses au nom du « respect d’autrui » et d’« atteinte grave au pacte social ». Le député UMP Éric Raoult proposa en 2006 le rétablissement du délit de blasphème. Nicolas Sarkozy entendit répondre « aux attentes des grandes religions » pour des raisons d’intégration sociale et de sécurité intérieure. Des néocléricaux invoquent un alignement sur une « laïcité européenne ». Il est vrai que le délit de blasphème subsiste plus ou moins dans le Code pénal de nombre d’États de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, Grèce, Italie, Irlande, Malte, Norvège, Pologne, Royaume-Uni), même si la sécularisation des sociétés en limite les recours. Les Pays-Bas l’ont abrogé en 2013.


Il ne faudrait donc pas confondre tolérance et laïcité. La tolérance est une concession du prince à certains sujets, de l’État à des communautés, pas la reconnaissance d’un droit naturel, plein et entier, égal pour tous les citoyens et irrévocable. Jaurès, qui n’appréciait pas un certain anticléricalisme grossier mais qui respectait absolument la liberté de critique, ne s’y trompait pas : « Nous ne sommes pas, disait-il en 1910, le parti de la tolérance – c’est un mot que Mirabeau avait raison de dénoncer comme insuffisant, comme injurieux même pour les doctrines des autres. Nous n’avons pas de la tolérance, mais nous avons, à l’égard de toutes les doctrines,
le respect mutuel de la person-
nalité humaine et de l’esprit qui s’y développe. »


Le respect est dû aux personnes, aux croyants, pas aux croyances, pas aux religions, qui sont à soumettre à la critique de la raison et de la science, du rire et de l’humour.

 

 

 

Par Jean-Paul Scot, historien et auteur

Paru dans l'Humanité le Vendredi 9 Janvier 2015


Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 30/01/2015


 

20/05/2014

"La Laïcité" Par Véronique de Keyser

 

 

Durant mes treize années, il est un combat j’ai presque tendance à oublier, car il est transversal et touche tous les domaines, c’est celui de la laïcité. Il est au centre du débat quand on parle du droit des femmes. Il est au centre du débat quand on parle de recherche et de bioéthique. Il est au centre du débat quand on parle des printemps arabes, de la guerre en Syrie. Il est au centre du débat lorsqu’on parle de racisme et de la xénophobie. Il est au centre du débat dès qu’on parle de liberté. Et si dans notre pays, on ne sent pas toujours l’urgence de défendre cette laïcité, dès qu’on regarde au-delà de nos frontières, les faits parlent d’eux-mêmes : la laïcité est en danger.

L’idée par exemple d’éviter les conflits en cloisonnant et partitionnant les communautés confessionnelles, sorte de solution à la libanaise, qui cadenasse chacun chez soi et définit les pouvoirs politiques sur base confessionnelle, se répand de plus en plus. Elle a été appliquée à la Bosnie, lors des accords de Dayton, elle émerge dans les scenarii des think tanks américains qui réfléchissent à l’après guerre de Syrie, elle flotte dans tout le conflit israélo palestinien. On retrouve la même obsession de cloisonnement, de partition, d’étanchéité entre les ethnies, les communautés, les nations, dans tous les mouvements extrémistes et nationalistes qui montent en puissance aujourd’hui. L’idéologie de la NVA en est imprégnée. Un vieux relent de frontière, de non mixité, de « pureté du sang ou de la race », assez nauséabond revient au goût du jour.

Pourtant, tous les arts ont compris la puissance créatrice des hybridations- regardez l’influence de l’art africain sur Picasso ou Braque, celui de la musique noire sur le jazz. La génétique reconnaît les risques de dégénérescence des unions endogames : il faut croiser les espèces pour les renforcer. La théorie de l’information prédit que tout système fermé évolue vers le désordre : cela vaut aussi pour tout système social. Mais là, le désordre c’est la guerre. Ce que les arts, la science, l’amour (qui se fout de la politique) ont si bien compris, devrait être un antidote au poison que distillent les partis extrémistes. Défendre aujourd’hui la laïcité, c’est défendre exactement le mouvement inverse : celui qui va vers l’autre, qui s’enrichit des différences, qui croise, qui compare, qui emprunte, qui découvre et qui va de l’avant.

 

Véronique De Keyser.

 


Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 06/05/2014

 


 

06/05/2014

"Le Dieu de la Bible, le personnage de fiction le plus déplaisant"

Richard Dawkins, l'un des spécialistes de l'évolution les plus réputés à l'échelle internationale, a reçu L'Express dans son manoir d'Oxford. Distingué, précis, irrévérencieux et corrosif, ce biologiste britannique est devenu l'une des figures de proue de l'athéisme mondial, il a fait de la science son étendard. 

 


Le biologiste Richard Dawkins combat la théorie créationniste qui prétend que l'origine du vivant est divine.

© Jude Edginton pour L'Express

 

Pour sa première interview publiée en France, Richard Dawkins a reçu L'Express entre sa bibliothèque monumentale et sa table jardin. Il est est entré dans la lumière, en 1976, avec un livre, Le Gène égoïste, vendu à plus de 1 million d'exemplaires. Il y revisitait la théorie darwinienne de l'évolution, qui ébranla les bases de la biologie, au XIXe siècle, en expliquant l'origine du vivant de manière scientifique et non plus religieuse. Cent cinquante ans après Darwin, dans le monde de l'après-11 Septembre, Dawkins continue de prêcher en fervent scientiste.  

 

 

Darwin est le fil directeur de votre pensée scientifique. A quel âge avez-vous lu son oeuvre maîtresse, De l'origine des espèces?
A 15 ans, peu après avoir reçu la confirmation anglicane, moi qui devais lire quotidiennement la Bible au collège... Et j'en ai été ébloui. Tout à coup, une idée simple m'expliquait l'extraordinaire complexité du vivant, la rapidité d'un guépard, le mystère d'un être humain pensant. La théorie de Darwin éclairait la vie de manière puissante, le pourquoi de notre présence sur terre. 

 

D'où tenez-vous votre curiosité pour la science?
Mon père était naturaliste et me disait le nom des plantes en latin. Chez les Dawkins, il était de tradition de connaître le nom des insectes, des oiseaux. Mon grand-père a été très contrarié que je confonde, un jour, la mésange bleue avec un autre volatile ! Depuis, je me suis rattrapé. J'ai étudié la zoologie à Oxford. 

 

Vous avez surtout "revu et corrigé" la théorie de Darwin...
J'ai surtout voulu la voir différemment, la placer à un autre niveau, celui du gène, et non plus celui de l'individu. Darwin nous a expliqué l'origine du vivant de manière rationnelle et non plus religieuse. Toutes les espèces sont issues d'une seule et même forme de vie et se transforment, peu à peu, en vertu d'une sélection naturelle qui profite au plus fort. Pour Darwin, l'individu qui survit est le plus "apte", sa descendance hérite de ses traits les plus forts, comme le bec le plus pointu, les yeux les plus perçants... Mais Darwin ignorait tout des gènes.  
Or c'est à ce niveau, en réalité, que s'effectue la sélection. Nous portons en nous tous les gènes qui ont aidé nos ancêtres à survivre. Il y a comme une passoire, au travers des générations, qui fait que seuls les bons gènes perdurent, et les autres disparaissent. Le corps n'est qu'une machine de survie pour nos gènes, et une fois qu'ils ont été transmis, il meurt ! 

 

Nous ne serions que des véhicules pour nos gènes, destinés à mourir une fois que nous nous sommes reproduits?
Exact. Regardez vos ancêtres : vous verrez que chacun a vécu assez longtemps pour se reproduire et transmettre ses gènes. Pas un n'est mort avant 10 ans. La nature est bien faite : si un gène vous fait mourir quand vous êtes jeune, il ne sera jamais transmis. 

 

Quelle est l'origine de la vie?
Les premières traces de vie dont nous disposons - des fossiles de bactéries - datent d'à peu près 3,5 milliards d'années. Dans une espèce de soupe primitive mijotaient des molécules, qui devaient se comporter comme de l'ADN, sans être aussi sophistiquées. Peut-être s'agissait-il d'acides ribonucléiques (ARN) qui ont la faculté de se reproduire seuls en utilisant pour cela une infrastructure telle qu'une protéine. De sorte que l'évolution, selon Darwin, a commencé avec l'ARN et a été remplacée à un certain moment par l'ADN et la protéine. Et ainsi de suite... 

 

Le monde ne date donc pas d'il y a six mille ans, comme le croient les créationnistes, qui prennent la Genèse au pied de la lettre? Ils sont votre bête noire.
Leur théorie est fausse, cela a été prouvé par la science. Aux Etats-Unis, ils remettent en cause l'enseignement de l'évolution à l'école depuis vingt ans. Les créationnistes sont ou idiots ou ignorants

 

En Europe, leur influence est faible...
C'est vrai, mais la prochaine grande bataille créationniste se situe dans le monde musulman. Selon une enquête réalisée en 2010 par Ipsos Canada dans 24 pays, 41% des personnes interrogées se disaient évolutionnistes et 28% créationnistes, dont 75% en Arabie saoudite, 40% aux Etats-Unis et 9% en France. En 2008, des créationnistes turcs ont bloqué l'accès à mon site Internet sur l'évolution.  
Un an avant, biologistes et anthropologues américains, comme de nombreux lycées et collèges européens, avaient reçu en cadeau un livre de 800 pages, L'Atlas de la Création, écrit par un musulman, Adnan Oktar. Le créationnisme islamique est un véritable danger. Beaucoup de ces Etats sont un terreau fertile pour la négation de l'évolution, en raison de la faiblesse du niveau d'éducation. Dans les pays pauvres, on note une plus grande propension à se tourner vers les forces extérieures au monde réel, l'irrationnel, donc les religions et les superstitions. 

 

Pourquoi, alors, les créationnistes sont-ils puissants aux Etats-Unis?
Les Etats américains où l'on trouve le plus de pauvres sont aussi les plus religieux. Par ailleurs, le créationnisme connaît un nouvel avatar, plus subtil, dans les sociétés occidentales : "le dessein intelligent". Sa thèse? La vie est trop complexe pour être issue d'un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L'évolution des espèces est admise mais ne peut être que l'oeuvre d'un concepteur supérieur. Et cette théologie naturelle s'attaque à l'enseignement dans les écoles. 

 

Mais science et religion sont-elles forcément incompatibles? Hubert Reeves estime qu'il n'y a pas de conflit entre les deux. De grands scientifiques comme Einstein ou Stephen Hawking font, eux aussi, référence à Dieu.
Einstein utilisait le mot "Dieu" en métaphore, pour exprimer le mystère, tout ce que l'on ne comprend pas de l'Univers. Mais il répétait qu'il ne croyait pas en un Dieu personnel. Je reste sceptique sur la compatibilité des deux... Croire aux miracles, en un Dieu tout-puissant qui change l'eau en vin et qui marche sur l'eau, c'est trahir l'esprit de la science, la faculté de comprendre de l'être humain. C'est renoncer à penser par soi-même.  
Quant au divin horloger qui aurait tout orchestré, la biologie darwinienne explique très bien comment a eu lieu l'évolution, pourquoi un singe est devenu un singe qui sait grimper aux arbres, pourquoi un poisson est devenu un poisson qui sait nager dans la mer, pourquoi les êtres vivants sont des mécanismes compliqués qui ont l'air d'avoir été créés dans un but déterminé mais qui ne sont là que pour se perpétuer et survivre. La religion ne l'explique pas. 

 

N'est-ce pas parce qu'elle se situe sur un autre plan, celui de la foi et du sens de la vie, alors que la science se place sur celui du savoir?
Mais pourquoi faudrait-il un sens à l'Univers? Faut-il donc être si présomptueux pour penser que nous, les hommes, sommes si importants, à l'échelle de l'infiniment grand, pour que quelqu'un se préoccupe du sens de notre vie ? C'est nous qui donnons un sens à notre existence, par ce que nous sommes et ce que nous aimons, l'écriture, la musique, nos enfants... 

 

La science n'explique pas encore tout...
Non, et c'est un défi, une chance, le nerf de la recherche. Imaginez un monde sans religion : pas d'attentats suicides, pas de croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres [NDLR : tentative d'attentat contre Jacques Ier d'Angleterre, en 1605], pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de persécutions de juifs, pas de "crimes d'honneur", pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l'oeil.  
Encore aujourd'hui, les papes prêchent contre la contraception dans les pays africains surpeuplés et minés par la famine et le sida! On peut dire que, de toutes les oeuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant : jaloux et fier de l'être, impitoyable, misogyne, infanticide. 

 

Est-ce le 11 Septembre qui vous a rendu si hostile envers les religions?
Oui, j'ai perdu patience. J'ai été affecté par les "Allah akbar" et les réponses de l'Amérique du style "Dieu est avec nous". Il y a de quoi être désorienté par les théories kamikazes sur l'au-delà. Quand des pirates de l'air prennent en otages les passagers d'un avion, on peut présumer qu'ils pensent avoir la vie sauve. Ces hommes-là voulaient mourir avec leurs victimes car ils croyaient en un paradis rempli de vierges. Chacun a le droit de croire en ce qui le rend heureux. Mais on ne doit pas faire d'une opinion un fait. 

 

Que croyez-vous qu'il se passera, à l'instant de votre mort?
Rien. Je serai enterré ou brûlé. L'homme a toujours cherché des réponses à ses questions existentielles, cru en ce qu'il a eu envie de croire. C'est compréhensible, psychologiquement. Si vous êtes trop réaliste, vous devenez trop conscient de l'absurde, et vous vous demandez à quoi bon la vie. 

 

Où trouvez-vous du réconfort, quand vous en avez besoin?
Dans l'amour, la magnificence de l'Univers et le fait de me sentir partie de ce tout. 

 

Vos détracteurs vous taxent du même dogmatisme que les fondamentalistes que vous critiquez...
Etre dogmatique, c'est s'accrocher à des croyances dont on n'a pas la preuve. Je suis juste passionné par la recherche de la vérité. Mon combat contre la religion fait partie intégrante de mon combat scientifique. Aujourd'hui, on peut critiquer des politiques ou un style vestimentaire, mais pas la religion ! Ce n'est pas politiquement correct. 

 

La science autorise de plus en plus de possibilités. Sa toute-puissance n'est-elle pas à craindre? Doit-on autoriser, par exemple, le clonage humain?
C'est une question politique. Bientôt, nous pourrons sans doute, en effet, cloner des humains. Le premier individu cloné vivra un enfer : il sera harcelé par les paparazzi ! Est-ce éthique ? Je n'ai pas d'a priori. Ne pas l'autoriser au prétexte qu'on ne l'a jamais fait serait, il me semble, une mauvaise raison. Idem avec l'argument que ce ne serait pas naturel. Voler dans les airs ne l'est pas plus et les premiers bébés "in vitro" ont provoqué une levée de boucliers. Ma vision personnelle de l'éthique est : est-ce que cela fait du mal à quelqu'un? Est-ce que cela rend les gens heureux? Si la réponse est non à la première question et oui à la seconde, je ne vois pas le problème. 

 

Si, pour des parents, avoir la possibilité de choisir la couleur des yeux de leur enfant est source de bonheur, il faudrait donc autoriser ce type de sélection génétique?
Il y a une différence entre l'eugénisme négatif et l'eugénisme positif. S'il était possible d'ôter de l'embryon un mauvais gène, comme celui de l'hémophilie, par exemple, qui a miné les familles royales européennes, ce serait une bonne chose. La plupart des gens seraient d'accord, sauf peut-être les catholiques. Quant à l'eugénisme positif, qui consisterait à implanter un gène facilitant l'apprentissage des maths ou de la musique, pourquoi pas ? On cravache son enfant pour qu'il devienne, contre son gré, une tête en maths, mais l'idée de lui greffer un gène qui lui permettrait d'apprendre sans difficulté horrifie. 

 

Quid des conséquences politiques d'un tel raisonnement?
Si l'eugénisme est utilisé pour éliminer des races entières, c'est évidemment à proscrire. 

 

Comment aimeriez-vous que l'on se souvienne de vous, dans cent ans?
Avant de mourir, Jacques Monod [biologiste français, prix Nobel en 1965] a dit : "Je cherche à comprendre." J'aimerais que l'on se souvienne de moi comme quelqu'un qui a essayé de comprendre et aidé les autres à comprendre. 

 

Richard Dawkins en 5 dates
1941 Naissance à Nairobi. 1976 Premier best-seller, Le Gène égoïste.1995-2008 Professeur titulaire de la prestigieuse chaire de vulgarisation scientifique de l'université d'Oxford. 2006Pour en finir avec Dieu (Robert Laffont), 2 millions d'exemplaires vendus. Création de la Fondation Richard Dawkins pour la raison et la science. 2007 Sélectionné par Time Magazine comme l'une des 100 personnes les plus influentes au monde. 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 06/05/2014


 

 

15/10/2013

La soumission au religieux est un désastre



La philosophe française, Élisabeth Badinter dénonce la peur de la gauche devant l’oppression du religieux. Elle appelle aujourd’hui à Bruxelles à se battre pour la laïcité.


« Ceux qui me traitent de lepéniste sont de mauvaise foi. Il est évident qu’en citant Marine Le Pen, je voulais souligner sa perversité. Par ailleurs, je ne suis pas l’avocate d’une laïcité dure, ni fermée, ni ouverte, ni même positive. Je milite pour le respect de « la » laïcité.

 

L’obscurantisme est-il de retour, selon vous qui avez consacré votre vie à l’étude des « Lumières » ?

 

Vous appuyez là où ça fait mal. Ce sont d’ailleurs les propos que je vais tenir à l’université ce vendredi. Je pense profondément que nous sommes dans une période de régression et que la philosophie des Lumières est de plus en plus battue en brèche.

 

Ce que nous avons peut-être eu la faiblesse de considérer comme acquis, est remis en cause tous les jours. Il me paraîtrait impensable qu’on puisse annuler la peine de mort, et en même temps, je me dis qu’il pourrait y avoir une volonté de le faire. Cela vaut aussi pour la politique de la justice, le traitement de la délinquance. Et la laïcité.

 

Pourquoi ce retour en arrière ? La faute aux circonstances économiques ?

 

Elles sont de fait la cause essentielle, – quand on a peur, on est en état de régression. La délinquance, qui est réelle, se nourrit de l’absence de travail. Mais la crise économique n’explique pas tout. Pour moi, la diffusion de plus en plus grande dans le monde entier, du multiculturalisme, est un désastre.

 

C’est-à-dire ?

 

Avec le multiculturalisme, on a grignoté peu à peu la raison universelle, qui veut qu’on pense d’abord à ce qui nous unit, avant ce qui nous distingue.
Aujourd’hui, on considère que le droit à la différence est le summum de la liberté. La philosophie anglo-saxonne du « différentialisme » domine : chacun, dans sa communauté, fait ce qu’il veut. Cela revient à signer d’une certaine façon la mort de la philosophie des Lumières, qui a résonné en termes tout à fait opposés. Elle proclame en effet que pour avancer, il faut considérer les essentielles ressemblances entre tous les êtres humains, quelles que soient nos différences.
Ainsi, en votant le mariage pour tous, la France – un pays qui n’est pas à l’avant-garde –, a – enfin – considéré les homosexuels comme identiques à nous, appartenant au même genre humain avec les mêmes droits. On a appliqué la philosophie de la ressemblance. C’est une victoire. Peut-être la dernière.

 

Vous êtes pessimiste ?

 

Oui, parce que cette philosophie multiculturaliste séduit énormément les jeunes, qui trouvent qu’on appartient d’abord à sa communauté, avant d’appartenir à une collectivité plus large. C’est chacun chez soi. J’ai très peur de régressions. Cet enfermement, cette fierté de la différence sont terribles. Au contraire de la philosophie qui met en exergue ce qui nous unit, et qui est, elle, un puissant facteur de paix entre les hommes.

 

Que faut-il pour renverser cette tendance au repli ?

 

Il faut convaincre et tenir à certains principes. C’est au nom de ces principes que j’ai lutté contre la Burqa. Il faut aussi développer la tolérance.

 

Le multiculturalisme pourrait pourtant être considéré comme le rejet du racisme, puisque la différence est valorisée ?

 

Le multiculturalisme, c’est le séparatisme, et pas la solidarité, car chacun s’aligne sur sa communauté et l’universalisme se meurt.
Mon pessimisme se fonde aussi sur le retour en force du religieux. Les religions, puisque c’est elles qui nous séparent, ne sont pas des facteurs de paix dans une certaine partie de la population. Je dirais même que plus que le religieux, c’est le cléricalisme qui est en cause. La loi religieuse veut de plus en plus imposer sur l’espace public. Et je le dis autant pour les salafistes, les musulmans radicaux que pour la montée en puissance de l’orthodoxie chez les Juifs. J’ai ainsi été stupéfaite par cette tentative des Juifs extrémistes de Jérusalem l’année dernière de séparer les sexes dans les bus et d’instaurer une police de la jupe.
Je pense que les Musulmans, Belges ou Français ont besoin aussi qu’on les aide et qu’on les encourage à un Islam des Lumières, qui a pris en compte l’évolution du temps. Mais il ne faut pas être naïf, il existe des sectes – les salafistes – qui mènent une guerre de tranchées visant à enfoncer nos propres principes. C’est inadmissible. Et là, il faut tenir. L’espèce de soumission à la religion, de l’extrême gauche et d’une grande partie de la gauche, est un désastre. Comme si le religieux devait l’emporter sur tout et que tous devaient se soumettre à ses diktats.

 

À l’ULB (Université Libre de Bruxelles), où vous serez prochainement distinguée, ce débat est très vif. Entre les partisans d’une laïcité très stricte et ceux d’une laïcité ouverte aux expressions religieuses ? La journaliste essayiste Caroline Fourest a ainsi été prise à partie ?

 

J’ai vu les images. C’est d’une violence extrême, qui n’a pas sa place à l’université.

 

Qui sont les porteurs de Lumières ?

 

Nos démocraties occidentales sont horrifiées à l’idée d’être accusées d’intolérance. Et comme au moindre mot qui n’est pas conforme à l’acceptation générale, vous êtes taxé d’islamophobe, d’antisémite, de raciste, de lepéniste, la peur d’être stigmatisé ferme la bouche à beaucoup de gens. Ce qui me chagrine le plus, c’est que la gauche, que je respecte, a été saisie par cette terreur. Or il ne faut pas avoir peur, mais avoir le courage de tenir sur ses principes.

 

L’étude du passé vous aide-t-elle à comprendre comment la raison peut se réimposer ?

 

La leçon à tirer du passé est qu’il y a toujours un moment de révolte. Dans l’histoire de la philosophie des Lumières, il y a un moment où l’oppression exercée par les lois religieuses est trop forte, alors qu’elle est appliquée à des gens qui évoluent intellectuellement et socialement. Et ces gens disent « ça suffit ». Cela peut prendre des siècles évidemment. Ce qui me fait peur dans la régression actuelle, c’est le refus de l’enseignement, de la part d’enfants dans certaines écoles publiques. Car c’est à l’école qu’on apprend à exercer sa raison critique, à essayer de mettre un peu à distance ses préjugés et ses croyances.

 

C’est l’école qui s’adapte à ces croyances ?

 

Exactement. On est passé du « cogito » au « credo ». Le mot d’ordre dans beaucoup d’écoles est : « Surtout ne choquez pas les croyances et les préjugés de vos élèves. » Si on ne peut plus apprendre l’esprit critique à l’école, où d’autre ? C’est impossible.

 

Une autre forme de repli sur soi, nationaliste et régionaliste est très présente en Europe ?

 

C’est un repli identitaire – ma région, mon pays d’abord – et c’est affligeant. Que ce soit d’un côté (ma religion) ou de l’autre (ma région), c’est le triomphe du différentialisme.

 

Le politique a encore la capacité à faire changer les choses ?

 

Bien sûr. Il suffit d’un homme de grand talent et doté de charisme. Pour le moment, on en manque sérieusement. Partout. Nous sommes dans une « honnête médiocrité  ». Il y a de grandes personnalités qui émergent, mais pour l’instant, il n’y a pas de parole fédératrice forte autour d’un projet. En France notamment, tous sont un peu tirés du même moule, soumis au politiquement correct : on a du mal à avoir une parole totalement sincère parce qu’on a peur de heurter l’un ou l’autre. Du coup, on a une espèce d’eau tiède un peu partout.

 

On a cru en Obama ?

 

Quelle déception  ! Il avait séduit le monde entier, tous voulaient un Obama chez eux. Ah  ! S’il avait eu un peu plus de consistance politique. On peut changer le monde avec la parole. La politique n’est pas morte, à condition d’avoir du courage.

 

Le Premier ministre belge Di Rupo essaye depuis trois ans d’éviter une séparation et de faire vivre ensemble deux communautés déchirées. Cela vous inspire-t-il un commentaire ?

 

Je vois cela de très loin, mais j’admire ceux qui ont l’art du consensus. »

 

Propos recueillis par Béatrice Delvaux, publié dans le journal belge Le Soir.

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 15/10/2013

 


 

01/06/2013

Le dangereux relativisme culturel d’une partie de la gauche

La gauche doit cesser de vouloir satisfaire des revendications culturelles ou religieuses d’un autre âge au nom de l’égalité des chances. Elle doit avant tout réaffirmer sa position laïque et universaliste.

 

La question de la diversité culturelle, ou de la réflexion sur l’avenir de notre société dite multiculturelle, est partout présente dans nos débats publics, depuis plusieurs années déjà. 


Elle est nourrie par les controverses sur les signes religieux à l’école, dans l’administration ou dans l’entreprise – et en particulier le voile islamique, bien entendu –, celles relatives à la nourriture halal, au genre du médecin soignant, aux accommodements raisonnables pour motifs religieux... Et c’est jusqu’aux limites à mettre à la liberté d’expression ou au domaine d’extension de la liberté de religion que les discussions se cristallisent aujourd’hui.


Ces questions divisent en particulier la gauche : elles opposent une partie du monde du progrès fidèle à l’égalité démocratique et aux principes universalistes qu’originellement la gauche a toujours défendus, une gauche qui promeut le principe de laïcité et s’inquiète de l’essor du relativisme culturel, et ce à une autre partie du monde du progrès qui, entretenant une vision de plus en plus culturaliste des rapports sociaux, considère qu’il existerait des minorités ethno-religieuses supposées être systématiquement brimées par une majorité imposant avec arrogance sa culture dominante et peu soucieuse des identités, ce qui justifierait l’impératif d’accorder à ces dites minorités des droits différenciés.


Trois exemples récents, parmi bien d’autres, témoignent de cette dérive d’une certaine gauche multiculturaliste, qui a résolument abandonné l’héritage universaliste et anticlérical de la gauche historique pour faire de supposées minorités discriminées son nouveau prolétariat, et de la satisfaction de leurs revendications religieuses ou de leurs pratiques culturelles, aussi rétrogrades soient-elles, l’expression d’un juste combat pour l’égalité des chances. 

Ainsi, le rédacteur en chef dela très estimable revue progressiste Politique a-t-il justifié, par des contorsions navrantes, et ce au motif de la lutte contre l’islamophobie, le comportement d’un employé musulman de la Ville de Bruxelles, licencié par son employeur pour avoir refusé, au nom de ses convictions religieuses, de serrer la main d’une femme. De la même façon, à la tribune d’une conférence au Collège Saint-Michel, le propagandiste altermondialiste Michel Collon a-t-il une fois de plus affiché sa proximité avec des personnalités connues pour leur islam fondamentaliste – il s’agissait ici du président du parti tunisien Ennahda et de représentants du Hamas palestinien. Enfin, mais les illustrations sont légion, deux auteurs issus de la mouvance anti-impérialiste des Indigènes de la République viennent de publier un ouvrage où ils s’évertuent à montrer que l’homosexualité serait une invention occidentale imposée à l’Afrique et au Maghreb, et procéderait d’un soi-disant « impérialisme des modes de vie ».

Cette dernière thèse n’est en rien innocente : elle s’inscrit dans un mouvement d’idées qui, à gauche et à l’extrême-gauche, voudrait nous faire croire que l’homosexualité, par exemple, n’aurait pas de caractère universel, que de manière générale l’universalisme tout court n’existerait pas – c’est le primat du relativisme culturel – et que cet universalisme ne serait que le produit d’un impérialisme postcolonial européen voulant imposer, contre nature en quelque sorte, les droits de l’homme partagés en Europe à toutes les nations et toutes les cultures.


La boucle est ainsi bouclée : au nom de cette contestation des principes – difficilement – partagés en Europe, toutes les outrances, ou presque, exprimées au nom d’une culture ou d’une religion seraient permises, de l’homophobie au refus de serrer la main d’une femme considérée comme impure. Cette négation de l’universalisme des valeurs que l’Europe a patiemment et passionnément bâti depuis 3 siècles contre l’obscurantisme religieux et le patriarcat, est à maints égards pernicieuse. Parce qu’elle rejette l’universalisme au motif que l’Europe aurait tenté de l’imposer par la brutalité de son hégémonisme colonial et postcolonial passé ; parce que le relativisme qu’elle postule autorise toutes les dérives; parce qu’enfin elle entraîne une conception extensive de la liberté de religion, permettant notamment que celle-ci s’impose au principe d’égalité entre l’homme et la femme.


Sans doute est-il plus que temps que la gauche universaliste se réveille face à ce travestissement de ses valeurs et de son histoire, afin de défendre l’égalité démocratique. La gauche est laïque, ou elle n’est pas. La gauche est universaliste, ou elle n’est pas. Même quand par antiimpérialisme elle s’est opposée aux ravages du colonialisme, elle n’a pas trahi cette vocation. Le combat pour l’égalité des chances demeure un combat pour la réduction des inégalités sociales que l’injustice du libéralisme économique à outrance provoque. C’est dès lors une illusion de croire qu’en satisfaisant des revendications culturelles ou religieuses d’un autre âge, l’on tendra vers la dignité des personnes et l’égalité des chances. Et c’est enfin trahir le sens même du combat progressiste de vanter, ici ou ailleurs, les droits différenciés, le cléricalisme ou le patriarcat pour prétendument faire avancer la cause sociale.

 

 

 

Par Jean-Philippe Schreiber,

Historien des religions, professeur ordinaire à l’ULB, auteur du livre La crise de l’égalité. Essai sur la diversité multiculturelle (Espace de libertés, 2012)

 

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 1/6/2013

 


 

09/02/2012

Excusez-nous, Madame Fourest

Par Marc UYTTENDAELE, Chroniqueur

 

Dans mon université, Caroline Fourest n'a pas pu s'exprimer. Intolérable! Une opinion de Marc UYTTENDAELE, chroniqueur.


J’aime mon université. J’y ai été étudiant et j’y enseigne depuis près de trente ans. J’aime mon université parce que c’est un lieu de liberté, un lieu de désordre et un lieu d’impertinence. J’aime mon université parce que c’est un creuset de la pensée libre et du combat contre tous les totalitarismes.


L’Université libre de Bruxelles a été, et se doit d’être toujours, un foyer de résistance. Ses auditoires, ses salles, ses squares portent les noms de ceux qui, souvent au prix de leur vie, ont combattu l’occupant nazi : Paul-Emile Janson, Jean Burgers, Jean Guilissen, Arnaud Fraiteur et tant d’autres Parmi ceux-là, il y avait le groupe D, dont les survivants, après la Seconde Guerre mondiale, ont prêté serment : " Nous ne nous laisserons pas frustrer du prix de la victoire par aucun fascisme, par aucune dictature car autrement nous commettrions vis-à-vis de nos camarades qui sont morts la plus grande des lâchetés" . Ces mots-là résonnent aujourd’hui amèrement. Car c’est dans mon université que Caroline Fourest n’a pu s’exprimer.


Parce qu’elle défend la laïcité, parce qu’elle combat les intégrismes. Parce qu’elle lutte inlassablement contre l’extrême droite. C’est dans mon université que des intégristes musulmans, braillards et sectaires, ont dynamité sa liberté de parole. Et le pire est que leur meneur est chercheur à l’ULB. C’est dans mon université qu’avec ses séides, Monsieur Chichah a craché son venin, sa haine, son inculture sur les valeurs qui sont les nôtres. C’est dans mon université que ces extrémistes ont sali l’image de tous les musulmans qui ne partagent pas leurs visions sectaires mais qui risquent d’être injustement assimilés à ces sinistres porteurs de cris. Henri Poincaré écrivait en son temps que "La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être" .


Aujourd’hui, ces mots qui incarnent le libre examen inscrit au fronton de l’Université libre de Bruxelles ne peuvent plus être que des mots. Ils doivent devenir une arme, un outil de résistance. Rien n’est pire que les libertés molles, affadies au nom desquelles tout peut se dire, tout peut se faire. La liberté d’opinion ne peut être terrassée par la liberté d’expression. L’intégrisme religieux d’aujourd’hui est bien le fascisme d’hier. Les attaques dont a fait l’objet Madame Fourest en sont la démonstration. Un miasme est une "émanation putride provenant de corps, de substances en décomposition" .


Tolérer au sein de l’Université du libre examen, des intégristes - comme celui-là même qui est à l’origine de la manifestation qui a réduit Madame Fourest au silence - serait une manière d’admettre que les valeurs de l’ULB sont déjà en décomposition. Il n’y a qu’une réponse à apporter, rejeter l’élément qui, par sa présence, ses attitudes, compromet l’honorabilité de l’institution dans son ensemble. Il nous faut, au sein de l’université et de manière plus générale dans la société, défendre inconditionnellement les libertés, la liberté de religion mais aussi l’incoercible égalité entre hommes et femmes, et cela passe assurément par un rejet radical des intégrismes. Mais le libre examen, c’est aussi oser se remettre en question. Ceux qui défendent la neutralité, voire la laïcité de l’Etat, se sont assoupis et de leur assoupissement a germé un intégrisme régénéré. Plus que jamais, il nous faut être vigilant, dynamique, constructif pour défendre les valeurs qui nous sont chères et les inscrire dans le marbre dur de notre société.


Bien sûr, il faut exclure le dénommé Chichah de l’ULB, mais bien au-delà il faut plus que jamais traquer l’intégrisme. Il nous faut reprendre le flambeau et garantir le respect du serment des membres du groupe D.

 

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 9/2/2012

 


 

09/01/2012

Empêchons l'irréparable

Par Pierre GALLAND, Président du C.A.L.

 

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Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 9/1/2012

 


 

18/05/2011

 

Amnistier n’est pas réconcilier, mais oublier !

 

L’asbl Les Territoires de la Mémoire lance une pétition contre le projet de loi d’amnistie des collaborateurs belges des nazis durant la Seconde Guerre mondiale dont le texte, déposé par un député du Vlaams Belang, a été pris en considération par le Sénat.

 

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Texte soumis par Laurent MARTENS (Webmaster) le 18/05/2011


 

15/05/2011

"De Clerck aberrant et scandaleux, digne du VB"

 

 


Oublier les actes des inciviques commis durant la Seconde Guerre mondiale tel que suggéré dimanche par le ministre de la Justice Stefaan

De Clerck, est "aberrant et scandaleux", a réagi le chef de groupe PS au Sénat Philippe Mahoux. Ce faisant, "il se range aux thèses défendues par le Vlaams Belang", a-t-il encore commenté. "Entendre dire de la part d'un ministre de la Justice, censé savoir que ce qui a été jugé appartient à la vérité judiciaire, qu'il faudrait pouvoir remettre en question des condamnations pour collaboration, c'est aberrant et scandaleux", a fulminé dimanche Philippe Mahoux. "Depuis jeudi, lorsque nous avons mis au jour cette proposition du Vlaams Belang, certains ont décidé de ranimer la confusion entre collaborateurs et résistants, et parmi les collaborateurs, nombreux ont été ceux qui ont livré des résistants, c'est abject", a dénoncé le sénateur. "Ce qui sous-tend la proposition du Vlaams Belang, parti d'extrême droite, à l'origine du débat, c'est le négationnisme de l'existence de la collaboration. C'est autre chose que de s'intéresser à quelques cas individuels qui subissent les conséquences liées à un passé familial", a expliqué l'élu PS.

(belga)

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 15/05/2011

 


 

14/10/2010

RELIGION ET ETHIQUE


D’aucuns persistent à tracer un trait d’équivalence entre foi et éthique. Croire en Dieu ne constitue en aucune manière un passeport pour l’éthique. L’actualité récente en atteste.
Nadia Geerts
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Après les propos controversés du pape, Chris Patten relance la polémique en publiant une opinion (LLB 12/10) dans laquelle il reprend le leitmotiv de Benoît XVI : " Dépourvue d’éthique, la raison est insuffisante pour assurer la survie de la civilisation. L’Allemagne nazie en est la preuve." Rappelons en effet qu’il y a quelques semaines, au Royaume-Uni, le pape avait lancé un appel aux "infidèles", comparant les incroyants aux nazis en déclarant, citant nommément Hitler, que "l’exclusion de Dieu de la religion et des vertus associées conduit à des choses terribles".


Or, si le nazisme a été l’un des éléments de ce qu’on a pu appeler la crise de la raison - avec, tout de même, un "Gott mit uns" gravé sur le ceinturon -, il est pour le moins étonnant que d’aucuns persistent à tracer un trait d’équivalence entre foi et éthique, comme le fait Chris Patten dans la suite de son article, écrivant par exemple qu’ "aux fondements de l’Europe ne se trouvent pas seulement Aristote, la raison et la Grèce antique, pas seulement Rome et l’importance qu’elle accordait à la loi, mais aussi Jérusalem et les religions abrahamiques (le judaïsme, le christianisme et l’islam). Dépourvue d’éthique, la raison peut s’avérer insuffisante pour assurer la survie de la civilisation, chose que l’Allemagne, le pays natal du pape, a découvert dans les années 1930".


Contrairement à ce que semble croire l’auteur, Aristote et la Grèce antique ne nous ont pas apporté que la froide raison instrumentale ayant mené à l’extermination de millions de personnes. L’"Ethique à Nicomaque", œuvre d’Aristote, postule même qu’éthique et politique sont indissociables. Et, depuis, de nombreux auteurs ont mené une réflexion rigoureuse, sans pour autant être d’inspiration religieuse, sur la question de l’éthique. Preuve que l’éthique n’est pas une préoccupation réservée aux croyants.


Sans nier les influences religieuses sur la civilisation occidentale, reconnaissons en outre que les religions n’ont pas le monopole de l’éthique, loin s’en faut : ainsi des études scientifiques ont-elles démontré qu’il n’y avait aucune différence entre croyants et athées du point de vue de leur capacité à faire preuve d’altruisme ou à pardonner, par exemple (1).


Et, par ailleurs, croire en Dieu ne constitue en aucune manière un passeport pour l’éthique, comme l’actualité récente des dessous peu glorieux de l’Eglise catholique devrait le démontrer à suffisance aux yeux de tout être rationnel. Faut-il en outre rappeler que l’histoire est parsemée de périodes où la foi et la religion ont servi de prétexte à la contrainte, à la persécution et au crime, et que rien n’indique que ces temps soient aujourd’hui révolus ?


Alors, bien sûr, on ne peut pas se passer d’éthique. Mais cessons d’opposer de gentils croyants nécessairement pétris d’éthique à de dangereux athées profondément dépourvus de cette qualité. Les religions n’ont pas le monopole de l’éthique. Et, last but not least, si cette dernière doit bien évidemment avoir sa place dans le débat politique, il ne peut s’agir, sous couvert de lui ménager cette place, d’y réintroduire l’Eglise. Car la laïcité - sans adjectif - qui, manifestement, déplaît tant au pape, n’est en effet que le refus de l’immixtion du religieux dans la sphère du politique. Ce qui n’est en rien, on l’aura compris, le refus de reconnaître la dimension éthique de toute réflexion politique.
(1) Daniel Baril, "La grande illusion", Multimondes, 2006.

 

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 14/10/2010

 


 

13/10/2010

DEFENDRE NOTRE LIBERTE D’EXPRESSION

 

En ce moment même, un texte menaçant notre liberté d’expression et qui pourrait avoir un impact international considérable, fait son chemin dans la plus grande instance internationale : l’ONU. Il s’agit de la résolution sur la diffamation des religions

 

D'où vient cette résolution ?

L’Organisation de la Conférence islamique (OIC), qui regroupe 57 pays à forte population musulmane, essaye depuis plusieurs années de justifier et faire avancer la résolution sur la diffamation des religions. Cette année, l’OIC va, une fois de plus, présenter sa résolution sur la diffamation des religions à l’Assemblée Générale de l’ONU.

 

De quoi s'agit-il concrètement ?

La résolution sur la diffamation des religions vise à criminaliser toute critique concernant la religion en rendant illégale toute parole ou action jugée diffamatoire à l’égard d’une religion quelle qu’elle soit, mais particulièrement à l’égard de l’islam.
Cette résolution légitimerait les Etats qui punissent les opinions religieuses inacceptables et encourageraient les autres Etats à le faire. Cette dangereuse résolution doit être soumise au vote de l’assemblée générale de l’ONU à la fin de l’année.

 

Une vraie menace pour la liberté d’expression

Les partisans de cette résolution présentent le principe de diffamation des religions comme une protection des pratiques religieuses et une promotion de la tolérance. En réalité, elle encourage plutôt l’intolérance et la violation des droits de l’Homme en matière de liberté religieuse et de liberté d’expression.
Si elle passe, cette résolution apportera une légitimité internationale à toute loi nationale punissant le blasphème ou la critique d’une religion comme par exemple au Pakistan. Sous prétexte de vouloir supprimer et punir tout ce qui peut être jugé comme parole offensive et inacceptable sur une religion ou une secte en particulier, cette résolution risque de favoriser la montée des gouvernements répressifs et des extrémistes religieux en Europe et jusque dans nos pays.

 

Un travail de longue haleine

Sans relâche, la résolution a été introduite et votée aux Nations Unies sous diverses formes et sous différents noms depuis 1999. Elle a fini par être adoptée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (47 membres) le 25 mars 2010. Mais elle reste très controversée puisque seule une minorité d’Etats s’est prononcé en faveur de cette résolution : 23 pays ont voté pour (les pays musulmans, la Chine, la Russie, Cuba, l’Afrique du Sud, la Bolivie et le Nicaragua), 11 ont voté contre (les pays de l’Union européenne, la Suisse, le Canada et le Chili), et 13 se sont abstenus – dont l’Inde, le Japon, la Corée et l’Argentine. Encouragée par l’adoption de la résolution par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ce printemps, l’OIC désire proposer à l’assemblée générale des nations unies à new-York (192 membres en 2006) une résolution légèrement modifiée sur la diffamation des religions. elle devrait être proposée pour un vote début décembre 2010.

 

Reporters sans frontières réagit à la résolution sur la diffamation des religions du Conseil des Droits de l’Homme

mercredi 31 mars 2010

 

Reporters sans frontières se déclare fortement préoccupée par la résolution votée au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le 25 mars 2010, prenant position contre la « diffamation des religions ». Le texte a été présenté par l’Organisation de la conférence islamique (OEI), sous la houlette du Pakistan.
Sous prétexte de veiller à une meilleure conciliation entre la liberté d’expression et la liberté de croyance, certains États mettent en place un dispositif qui n’a pour autre objectif que d’interdire toute critique des religions, et notamment de l’islam, déclare Reporters sans frontières. C’est un processus dangereux qu’il faut enrayer. Le respect de la liberté d’expression est tout aussi fondamental que celui de la liberté de croyance. L’un ne peut exister sans l’autre.
Caricature, liberté artistique, droit d’opinion, toutes les sphères de la vie intellectuelle qui constituent la liberté d’expression se trouvent mises en danger par une telle résolution. Elle a pour conséquence malheureuse de brider les échanges au sein même des religions alors qu’elles invoquent un besoin de protection.

 

Sera-t-il possible d’avoir un débat d’idées au sein d’une religion sans risquer de se voir condamné pour diffamation par le groupe dominant qui cherche à imposer ses vues ?
Plusieurs membres de l’OEI ne brillent pas par leur respect de la liberté d’expression et de démocratisation. Ils usent déjà de lois sur le blasphème à des fins politiques, pour interdire tout débat contradictoire et asseoir leur pouvoir.

 

Un journaliste comme Ali Mohaqiq Nassal a dû fuir l’Afghanistan parce que dans son journal Droit des femmes, il a osé appeler à l’arrêt de la lapidation. Verdict : insulte à l’islam et une condamnation capitale. Dans de nombreux pays, tout débat intellectuel et social est ramené par les autorités à un débat religieux, manière pratique d’interdire tout point de vue critique sur la gestion du pays ou d’empêcher de distiller des idées sur l’évolution des mœurs.
Ce genre de résolution donne plus de latitude aux États déjà peu respectueux des droits de l’homme pour continuer leurs politiques discriminatoires à l’égard des minorités religieuses, des dissidents et des laïques. On peut également se demander si des multinationales ne seront pas tentées de mettre en place des formes de censure préalable pour ne pas se mettre en porte à faux avec une résolution internationale. On a vu par le passé de grandes sociétés internationales filtrer leur contenu afin de ne pas froisser leurs marchés, comme dans l’affaire du dessinateur Kroll, dont certains dessins licencieux ont été censurés par Apple avec lequel le dessinateur avait passé un accord pour une application sur iPhone.
Enfin, Reporters sans frontières ne peut que regretter l’aspect politique de la résolution, fruit de la cuisine interne des Nations unies. Elle rappelle le danger pour les États membres à instrumentaliser pour leurs propres agendas des questions aussi sensibles : cela fait plusieurs années que certains pays du conseil des droits de l’homme poussent à l’adoption d’un tel texte. C’est pour eux un premier résultat. L’organisation restera très vigilante dans les mois qui viennent au projet d’une seconde résolution susceptible de mener à l’élaboration d’un instrument international exécutoire interdisant la diffamation des religions.

Reporters sans frontières se dit inquiète de voir une organisation comme le Conseil des droits de l’homme des Nations unies perdre sa crédibilité : alors qu’un pays comme l’Iran, qui n’a de leçons à donner à personne en matière des droits de l’homme, présente sa candidature au Conseil et qu’elle a pour l’instant toutes les chances d’être reçue, l’adoption de la résolution sur le blasphème suscite de nombreuses interrogations sur la crédibilité de cette institution. Nous espérons que le Conseil des droits de l’homme ne connaîtra pas le triste destin de son prédécesseur, la Commission des droits de l’homme qui, victime de la politique politicienne, a dû se saborder en 2006.

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 13/10/2010


 

22/09/2010

Cours accéléré de laïcité à l’usage de l’Eglise catholique

 

    

On connaît la formule de Victor Hugo « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ». Et il semblerait que l’Eglise catholique, tout en ferraillant par ailleurs durement pour lutter contre la séparation des Eglises et de l’Etat, ait eu à cœur d’appliquer la formule à la lettre – mais, comme on le verra plus loin, en en travestissant profondément l’esprit ­-, s’agissant des nombreuses affaires de pédophilie qui la secouent.


La semaine dernière en effet, les évêques annonçaient la création d’un centre d’accueil pour les victimes d’abus sexuels au sein de l’Eglise. Un centre d’accueil qui aurait notamment pour mission de faire le tri entre les affaires prescrites et celles qui ne le seraient pas. Une manière de poursuivre par d’autres voies la politique menées jusqu’ici en la matière ? On sait en effet combien l’Eglise a toujours privilégié, dans ces affaires ô combien gênantes, la politique de l’entre-soi : on couvre l’affaire, on l’étouffe, éventuellement en achetant le silence des victimes ou en protégeant charitablement les coupables des affres de la justice des hommes. Rappelons que la commission Adriaenssens constituait déjà une tentative de privilégier la gestion interne des affaires d’abus sexuels au sein de l’Eglise, et que les perquisitions finalement effectuées au siège de cette commission avaient déclenché une levée de boucliers des autorités religieuses.
Il était donc plus que temps que l’on rappelle à l’institution religieuse que cette séparation entre l’Eglise et l’Etat – qu’elle est par ailleurs si encline à décrier – ne signifie en aucun cas le droit pour l’Eglise de mettre en place une justice parallèle : qu’ils soient hommes de Dieu ou non, les coupables de crimes et délits ont à en rendre compte devant la justice des hommes, et toute entrave posée à cette dernière est elle-même coupable. Il est regrettable que cette mise au point ait dû être faite non seulement vis-à-vis des autorités ecclésiastiques, mais encore vis-à-vis du ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) qui, après être resté longtemps étrangement silencieux face à des faits pourtant avérés, n’est sorti de son mutisme que lorsque celui-ci lui a été reproché, et encore pour déclarer souhaiter étudier les conditions d’une coopération entre le centre d’accueil des victimes et la justice. Les procureurs généraux ont clairement refusé toute collaboration avec ce centre, réaffirmant le primat de la justice dans le traitement des dossiers de pédophilie au sein de l’Eglise.
Dans ce contexte, les dernières déclarations de Benoît XVI prennent tout leur sel : celui-ci a en effet profité d’un discours dans une maison de repos londonienne pour demander de « respecter la vie quels que soient l’âge ou les circonstances », martelant que « La vie est un don unique, à chaque stade, de la conception jusqu’à la mort naturelle, et c’est Dieu seul qui donne et qui reprend ». Plus grave, toujours au Royaume-Uni, il a lancé un appel aux « infidèles », comparant les incroyants aux nazis en déclarant, citant nommément Hitler, que « L’exclusion de Dieu de la religion et des vertus associées conduit à des choses terribles ». Il a poursuivi en affirmant que le respect des valeurs traditionnelles était menacé par « les formes agressives de la laïcité ».
Manifestement, l’Eglise catholique a encore quelques difficultés à conceptualiser la notion de séparation des Eglises et de l’Etat. Le R.A.P.P.E.L. rappelle à cette occasion que la laïcité n’est rien d’autre que la séparation du droit et de la foi, les lois devant donc être les mêmes pour tous, quelles que soient les convictions particulières de chacun. Ce qui implique le refus de toute immixtion du religieux dans la sphère du droit. Dans cette perspective, le fait que l’Eglise organise une forme de justice interne ne constitue en rien une forme particulièrement aboutie de séparation, mais au contraire un inacceptable empiètement de l’autorité religieuse sur les compétences dévolues à l’Etat, et à lui seul, ce que la laïcité a précisément pour fonction d’empêcher.
Un principe manifestement mal assimilé par l’Eglise catholique, aujourd’hui encore.

 

Philipp Bekaert
Yvan Biefnot
Gisèle De Meur
Sophie François
Nadia Geerts
Hugo Godoy
André Nayer
Philippe Schwarzenberger
Michèle Peyrat
Jamila Si M’Hammed
Georges Verzin
Willy Wolsztaj

 

 

Source : www.le-rappel.be

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 22/9/2010

 


 

 

 

24/03/2010

Deux nouvelles publications dans la collection "Libres Ecrits" des Territoires de la Mémoire

 

    

Le Darwinisme Volé
Julien Dohet. Préface de Alain Bihr.
en savoir plus
Mot à Mot
Henri Deleersnijder
en savoir plus

 

 

Texte soumis par Laurent MARTENS le 4/5/2010


24/03/2010

Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire

 

     Moi, citoyenne belge de culture musulmane, originaire du Mali, un pays musulman à 90 % où la religion influence fortement les lois, règlements et différents aspects de la vie quotidienne, où certaines coutumes et traditions rétrogrades perpétuent les discriminations à l’égard des femmes, où plus de 80 % des filles sont victimes des mutilations génitales, où la polygamie est légale, où les mariages forcés sont imposés aux jeunes filles, où en matière d’héritage, les femmes sont frappées du sceau de l’inégalité, où, dès le plus jeune âge, on apprend aux petites filles que leur destin est de souffrir, de se résigner, de se soumettre, de se marier, de faire des enfants et de faire honneur à la famille,
     Moi, qui suis issue d’un pays où l’intégrisme islamique gagne du terrain avec comme corollaire la prolifération du port du voile, où les avancées législatives en matière de droits des femmes se heurtent aux pressions des autorités musulmanes, au nom de la paix sociale, de l’unité nationale, de la préservation des valeurs sociales et religieuses maliennes qui confinent les femmes dans des statuts de citoyennes de seconde zone,
     Moi qui, comme tant de consœurs, ai eu la chance de m’épanouir et me réaliser en Belgique dans un espace de liberté que les femmes ont conquis par de longues et âpres luttes,
     Je déclare que l’immixtion du religieux dans l’espace public et le détricotage de la neutralité de l’Etat n’augurent rien de bon pour la démocratie et les droits des femmes.
     Je déclare que l’émancipation n’est pas un luxe réservé aux femmes occidentales, que l’égalité hommes/femmes n’est pas négociable, ajustable, en fonction des demandes, revendications de revendications culturelles, religieuses ou supposées comme telles émanant d’individus, de communautés, de groupes.
     Je déclare que de nombreuses femmes musulmanes dans le monde relient combat contre les intégrismes religieux et promotion de la laïcité. Elles savent que certains laxismes sonnent comme des glas pour elles qui luttent et risquent leur vie en Egypte, en Somalie, en Inde, en Iran, au Soudan, au Pakistan au Maroc, en Algérie, et ailleurs contre la polygamie, la lapidation, l’enfermement de leurs corps dans des linceuls ambulants, l’imposition du port du voile, la répudiation, l’excision, les crimes d’honneur.
     Que dire à celles qui ont pris le chemin de l’exil et qui voient se reproduire sous leurs yeux un système de justice à la carte où, selon que vous soyez de telle ou telle confession, religion ou philosophie, les jugements de la cour vous rendent blancs ou noirs ?
     Peut-on, au nom de la tolérance, du relativisme culturel, du multiculturalisme, de la liberté de religion, demander à certaines femmes vivant dans nos pays d’avoir moins de droits ?
     Je déclare que le voile est le symbole de l’instrumentalisation des femmes au nom de la religion, d’un projet politique totalitaire qui sème la terreur dans certains pays, de la tentative d’asservissement, de mise sous tutelle de la femme, de la séparation des espaces féminins et masculins, une supercherie des fondamentalistes musulmans pour réaffirmer leur domination sur le corps des femmes et leurs libertés. Dans certains quartiers, les filles n’ont d’autre choix que de se voiler ou de faire attention à leur tenue vestimentaire pour ne pas subir les injures et le mépris de certains mâles auxquels on a appris que la vertu d’une femme est proportionnelle à la quantité de tissu qui la recouvre.
     Je déclare qu’on atteint le summum de l’endoctrinement quand l’esclave intègre ses chaînes comme normales, lorsqu’elle ne peut plus penser autrement que par le prisme d’une société qui la convainc depuis la plus tendre enfance à travers les traditions, les cours de religion, les prêches que sa nature de femme la prédispose à occuper une position d’infériorité, de soumission. C’est cette même violence symbolique qui pousse les mères à infliger à leurs filles les violences comme le mariage forcé, les mutilations sexuelles génitales dont elles ont été elles-mêmes victimes.
     Je déclare que toutes les femmes voilées ne sont pas soumises et que toutes les femmes qui ont les cheveux au vent ne sont pas libres et émancipées, mais que les filles et femmes, qui portent le voile par attachement culturel, conviction religieuse, ou parce qu’on leur interdit de le porter, n’enlèvent rien à la signification politique de ce voile sacralisé par les islamistes et imposé via un prosélytisme de procurateurs autoproclamés de Dieu. Celles qui avancent l’argument de « c’est mon choix » devraient avoir la décence et la « sororité » de reconnaître l’oppression de celles qui n’ont pas le choix.
     Je déclare qu’en Europe, les offensives des islamistes contre les droits des femmes renforcent celles des partis conservateurs, de l’Eglise catholique, des lobbies religieux très puissamment implantés dans les nouveaux Etats membres et qui s’emploient à faire reculer les droits des femmes au sein de l’Union européenne. Leur mot d’ordre : revenir à l’ordre archaïque de hiérarchie patriarcale qui renvoie les femmes aux devoirs que leur dicte leur nature, à leurs sacro-saintes obligations terrestres dictées par les hommes assistés par Dieu le père, le fils et les Saints Esprits sexistes. Pas d’amen ! C’est là que la société doit intervenir au nom des droits humains !
     Je déclare que les conquêtes féministes en Occident n’ont pas été arrêtées dans leur marche pour l’émancipation par la peur de stigmatiser les Eglises opposées aux droits et aux libertés des femmes. Pourquoi l’islam serait-il soustrait à cette remise en question ? Ce qui est bon pour une religion ne le serait donc pas pour une autre ?
     Je déclare que la majorité des citoyens de culture musulmane vivent leur foi, quand ils en ont, en toute tranquillité, qu’ils n’en peuvent plus d’être essentialisés, considérés comme un groupe homogène dont chacun des membres partage la même façon de penser, de vivre, assignés à résidence dans « une communauté » par une minorité vagissante qui leur impose un terrorisme psychologique, parle en leur nom et qui bénéficie d’un surcroît de respectabilité de la part de certaines tribunes médiatiques et politiques.
     Je déclare que le silence des intellectuels musulmans modérés est aussi assourdissant que la clameur des relativistes, des obscurantismes et d’une certaine classe politique qui se soucie plus de calculs électoralistes et d’enjeux de pouvoirs que de proposer un véritable projet démocratique de vivre ensemble.
     Je déclare que la peur d’être qualifié de raciste a muselé bien des consciences, que nous sommes prêts à accepter l’intolérable par peur d’être taxés d’intolérance. Que d’abandons en reculades, nos valeurs démocratiques régressent.
     Je déclare qu’il y a urgence à légiférer. A l’Etat de jouer son rôle de garant et de gardien des libertés fondamentales, où la liberté de croyance ou de non-croyance est garantie dans le respect des valeurs fondamentales grâce à un cadre juridique qui pose des balises. Je lance un appel aux progressistes de tous les partis, pour qu’ils unissent leurs voix pour ne pas reporter, dans les enceintes des parlements, les dix propositions déposées par le Mouvement Réformateur concernant le port de signes convictionnels – outre l’interdiction du port ostentatoire de signes d’appartenance dans les écoles relevant de la compétence du réseau officiel, les propositions déposées par le MR visent notamment à interdire aux parlementaires exerçant une fonction de représentation, personnes en charge de fonctions exécutives et prestataires de service public, préposés au guichet ou non, le port ostentatoire de signes convictionnels.
     Faire de la politique, c’est faire des choix. Il est minuit moins cinq ! Il ne s’agit pas d’une offensive contre les religions. Il s’agit de remettre les religions à leur juste place c’est-à-dire dans la sphère privée, de faire le choix d’une société qui ne se fractionne pas en fonction des particularismes, mais qui s’unit sur des valeurs à vocation universelle.


Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise FDF, ex-« Ni putes ni soumises »


Avant d’être élue, l’année dernière, sur la liste FDF, députée bruxelloise, Fatoumata Sidibé était présidente du comité belge de Ni putes ni soumises (NPNS), actif depuis 2006, dont la mission première consiste à « promouvoir l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ». Belge d’origine malienne, 46 ans, licenciée en communication et romancière, elle combat depuis longtemps « l’obscurantisme, la loi du silence, la violence faite aux femmes, la misogynie… ». Sa mère l’avait surnommée « poudre de piment ». Avant Ni putes ni soumises, Fathy, comme elle est surnommée, avait travaillé dans une boîte de communication, au Centre du Librex – « elle a l’intelligence et l’autonomie qu’il faut, c’est une femme plurielle qui sait se battre pour ses idées », selon le directeur, Denis Stokkink –, pour Médecins du monde, pour les magazines Demain le monde et Défi Sud… La contraception dans les milieux musulmans conservateurs, les viols qui cachent leur nom, le sexisme à l’école ont toujours été des combats à mener pour Fathy Sidibé. En lançant NPNS, elle déclarait : « Le féminisme est mort, vive le féminisme ! » De l’excision au port du foulard forcé, de l’entrisme islamique sur les campus aux violences conjugales, « tout est à faire », insistait-elle, rappelant que « la tolérance tue autant que le fanatisme. On ne peut pas tout tolérer au nom de Dieu ou de la Tradition ».

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 24/3/2010

 

 


 

13/03/2010

Pierre Galand réélu président du C.AL.

 

      L’Assemblée générale du Centre d’Action Laïque, réunie ce samedi 13 mars 2010 à Bruxelles, a reconduit pour 3 ans le mandat de son président, Pierre Galand (seul candidat). Quant au renouvellement du Conseil d’Administration, il s’est teinté d’une forte présence féminine et d’un notable rajeunissement.

      Dans le bilan qu’il a dressé de son triennat, Pierre Galand a notamment souligné l’importance du rôle sociétal de monde associatif et singulièrement des plus de 300 associations laïques en Communauté française. Et ce, plus que jamais dans le contexte de crise que nous connaissons. Trop souvent, les politiques se révèlent impuissants à exercer leur pouvoir régulateur – notamment face aux acteurs économiques dont les comportements peu éthiques aggravent la pauvreté. « L’État qui s’est laissé piéger par les grandes manœuvres des financiers, n’a trouvé d’autre remède pour se sauver que de ponctionner la population et de raboter les acquis sociaux. Il en résulte une criante augmentation de la pauvreté. » Dès lors, des organismes comme le CAL sont là aussi pour rappeler, autant que de besoin, que l’équité, la justice et la solidarité sont des valeurs fondamentales de la vie en société. Certains membres de l’AG ont, à cet égard, appelé la laïcité à s’inviter comme acteur de la vie économique, afin de lutter contre les discriminations à l’embauche et aux traitements inégalitaires dans le monde du travail.

      Ce qui va dans le sens de ce qu’exprime Pierre Galand, lorsqu’il déclare que « La laïcité est une pratique réfléchie, émancipatrice, fondée sur le libre-examen mais aussi la solidarité. Elle se veut moteur de l’élargissement du champ des libertés démocratiques pour toutes et tous, de manière toujours plus égalitaire. » C’est pourquoi il exhorte les laïques à « travailler à ce que les mutations en cours dans notre société-monde soient porteuses d’espoir, de droit à la coexistence pour tenter celles et ceux qui peuplent la planète. » Vaste programme, aurait dit Charles de Gaulle…

      D’autant que la solidarité qu’il appelle de ses vœux ne s’arrête pas à nos frontières. L’engagement du CAL pour fédérer la laïcité en Europe, et la développer au Liban, au Congo et en Amérique latine témoigne que ce mouvement est déjà bien lancé. La mobilisation laïque pour un projet de reconstruction en Haïti, liée la formation des jeunes filles, va dans le même sens. Et à cet égard, on signalera que le CAL a pris, en interne, des mesures pour favoriser l’accession des femmes à ses instances, devançant l’inertie de la société en général pour qui ce combat pour une justice élémentaire ne semble pas prioritaire.

      Sur le plan belge encore, le président du CAL a regretté le retard apporté à la proposition de loi Mahoux-Defraigne et consorts sur la séparation des églises et de l’État. « Toutefois », a-t-il ajouté, « les tragiques accidents qui ont récemment endeuillé notre pays ont été l’occasion de démontrer que les témoignages de condoléance, de sympathie et de solidarité avec les victimes et leurs proches pouvaient s’organiser collectivement et avec solennité grâce à l’action des autorités civiles sans obliger tout le monde à suivre un office religieux. »

Enfin, pour conclure, Pierre Galand a cité le prix Nobel de littérature 2001, V.S. Naipaul : « Il faut aspirer à être rebelle, c’est un idéal respectable ».

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 13/3/2010

 

 


12/03/2010

Communiqué de presse du C.A.L.

Chronique d’un jugement annoncé

 

      Ça devait arriver.  A force d’écarter, de repousser sans cesse le débat sur l’impartialité des services publics et de l’enseignement en particulier, les magistrats se substituent à l’État de droit pour faire valoir l’intérêt partisan au détriment de l’intérêt commun. Et les juges, désarmés faute d’une loi-cadre affirmant clairement ce qui relève du bon sens, finissent par tomber dans le piège qui leur est tendu.

      L’affaire de l’enseignante voilée à Charleroi donne raison, de façon éclatante, à ceux qui, le Centre d’Action Laïque en tête, réclament depuis des mois que l’on légifère clairement sur cette question. Car, à force de détricoter les décrets pour leur faire dire par la lettre le contraire de ce qu’en signifie clairement l’esprit, chacun pourra désormais rendre inopérante une loi qui ne lui convient pas. Les lois sont censées gérer le bien commun et non favoriser les intérêts particuliers.

      Il est particulièrement interpellant d’entendre dire qu’un décret de la Communauté française $ne concerne pas les établissements relevant des provinces ou des communes. Or, il semblerait que ce soit un point de l’argumentaire. On imagine déjà les cris des mêmes s’il agissait d’un jugement condamnant l’usage du français dans les écoles des communes à facilités…

      Les recours à la justice par une poignée de particuliers qui refusent de se soumettre à des lois qu’ils connaissent et auxquelles ils ont adhéré, au moins implicitement pourrait susciter des vocations, est une dérive grave de la démocratie. Nous sommes en alerte et resterons vigilants face à toutes les tentatives de détourner à leur profit personnel les lois censées garantir les libertés collectives. Nous luttons et continuerons de lutter pour garantir que l’école ne devienne pas le champ clos des particularismes et qu’elle puisse assurer à tous les élèves une éducation contribuant à la construction d’une citoyenneté qui conjugue les différences sans les opposer. Cela étant, il n’est pas question ici de jeter l’opprobre sur l’enseignante qui a déposé plainte. Le flou du système, en l’état, le lui permet. C’est cela que le CAL condamne.

      Dans une carte blanche publiée le 2 juillet dernier, nous appelions déjà avec force les politiques à reprendre la main pour ne pas abandonner une part de leur responsabilité aux juges. Hélas, ils ont préféré laisser pourrir la situation et se lancer dans des « Assises » de l’intercultu(r)alité qui rendent urgent de ne rien faire. Et qu’on ne vienne plus nous dire que « le gouvernement à mieux à faire que de se préoccuper de la façon dont les gens s’habillent ». Car le résultat est là : si l’on n’agit pas rapidement, chacune ou chacun pourra désormais établir son propre code civil et mandater un juge pour lui donner raison en disséquant les textes légaux jusqu’à l’absurde. Que tous ceux qui ne veulent pas d’une telle société se lèvent, aujourd’hui, pour dire « ça suffit » !

 

 

Texte soumis par Roland BRULMANS (Président) le 12/3/2010

 


 

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